La proposition de chanter faite par Sébastien le cocker – chien druide – n’avait pas été formulée par hasard.

Camille la-biche-devenue-tortue commençait à apprécier tout ce qu’elle avait déjà appris pendant ce voyage.

Ce corps de tortue la forçait à tout regarder avec plus de temps et plus de profondeur. Elle ne pouvait pas juste partir en courant pour aller s’amuser ailleurs.

Ceci étant dit, Camille devait reprendre la route. Sa quête était d’aller à la fin de la terre et c’est seulement à ce moment-là qu’elle récupérerait son corps de biche. Elle en avait grandement envie, même si elle en avait appris plus sur la vie et sa magie pendant ces mois de voyage que pendant toutes ses journées à l’école de la forêt.

« Je ne peux pas continuer avec toi » dit Sébastien en interrompant les pensées de Camille.

« Quoi ? » répondit-elle mécaniquement. Elle savait parfaitement qu’il ne pouvait pas l’accompagner sur ce long voyage. Il avait une famille quelque part et d’autre responsabilités. Mécaniquement, elle tourna son regard vers Marcel l’élan et lui demanda presque implorante « tu ne vas pas me quitter aussi toi, non ? Tu ne m’as pas encore enseigné l’été et l’automne du poème ! »

L’élan regarda longuement la tortue. Très longuement. Et Camille se posa la question s’il fallait qu’elle devine la réponse de l’Elan ou s’il allait se résoudre à la lui donner. Il prit une inspiration et demanda « Tu veux connaître les deux saisons manquantes ou tu veux avoir un compagnon de route pour la suite du voyage ? »

Camille avait envie de crier « LES DEUX !!! » mais elle avait appris grâce à Pop le morphe et chaperon du début de son voyage qu’il valait mieux réfléchir aux conséquences de ses mots avant de les prononcer.

Elle imita l’élan, le regarda longuement. Très longuement. Et puis, contente de son petit jeu, lui répondit « Les deux saisons que tu m’as partagées m’ont touchée. Je les ai comprises grâce à ce qui s’est passé ici dans cette clairière. A présent, j’aimerais bien connaître les deux autres saisons.

– Et en ce qui concerne ta présence auprès de moi, la réponse est oui. Tu es sage, réfléchi et très instruit. T’avoir à mes côtés ne peut qu’avoir des effets bénéfiques pour ma quête. Donc, oui, j’aimerais bien voyager avec toi. Si toutefois tu peux te libérer. »

L’élan acquiesça : « J’ai joué mon rôle, jeune biche-devenue-tortue. Tu avais besoin de comprendre l’hiver et le printemps. Et je pense que tu les as effectivement vécus et intégrés.

L’été, tu le vivras sur ton chemin et l’accueilleras quand tu seras prête. Tu apprends vite. Tu n’as pas besoin de moi. »

Camille se sentit soudain très seule.

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