Camille ne s’était jamais enquis du destin de ses nouveaux amis et elle se sentait maintenant toute penaude.

« Sebastien, voudrais-tu me raconter d’où tu viens, comment tu es arrivé à la sortie du tunnel de Raoul et ce que tu as fait avant ? »

Elle ajouta avec une petite voix « Je suis désolée de ne pas t’avoir demandé avant. Je te présente mes excuses. Sincèrement. »

Le cocker la regarda avec ce regard qui le caractérisait tant et dit « Tu n’étais pas prête, voilà tout. Ce n’était pas le moment. Tout est juste, tu sais ? Tant que tu ne t’en veux pas, tout va bien. Pour ma part, je ne t’en veux pas du tout – si cela peut te rassurer. »

Pour toute réponse, Camille lui adressa un large sourire, soulagée de la bonté et la bienveillance que lui témoignait ce quadrupède baveux mais ô combien attachant.

Sébastien se coucha à plat ventre, croisa les pattes avant, baissa la tête et regarda Camille, qui s’était positionnée en face de lui, droit dans les yeux.

« Les chiens druides ont un mode de fonctionnement assez simple : ils observent. Ils regardent comment tel animal réagit en mangeant telle herbe ou telle autre. Nous croisons nos observations et nous en tirons des conclusions.

Les parents partagent avec les chiots leurs observations et les chiots d’une génération à l’autre partent avec de l’expérience en plus. Le tout fait que nous nous sommes faits une belle réputation. Nous parlons peu. Nous observons beaucoup. »

« Quant à mon arrivée près du tunnel de Raoul, je t’explique. J’étais en vadrouille dans notre forêt, je suivais une piste curieuse, truffe collée au sol.

Un oiseau a poussé des cris, j’ai levé la truffe, ai senti la fumée et ai pu m’éloigner du foyer du feu, en me dirigeant à l’endroit où nous nous sommes retrouvés.

Je pense que je lui dois beaucoup, à cet oiseau. Quant à ma famille, je ne sais pas s’ils ont eu la même chance que moi. »

Le cocker se laissa tomber sur son flanc et regarda Camille sous ce nouvel angle.

« Et en ce qui concerne Lenny et toi, j’ai suivi mon flair. Je savais que quelque chose d’important était en train de se tramer. Lenny a plus d’un secret. Je n’ai pas encore tout à fait compris, mais elle n’est pas ce qu’elle semble être. »

Tous les deux dirigèrent leur regard vers le hérisson roulé en boule qui respirait paisiblement. Les premiers lueurs du matin firent leur apparition

à l’ horizon, quelques mouettes avaient commencé à se racler la gorge et la mer grognait, tel un ronfleur, au loin.

Et si Lenny avait un secret qu’elle n’avait pas encore partagé ?

 

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