Sébastien et Camille regardaient le petit hérisson dormir.

Lenny devait sentir le regard de ses deux compagnons qui pesaient sur elle, car sa respiration s’accéléra et ses petits membres commencèrent à bouger.

En s’étirant, elle ouvrit un œil et se rendit compte que les regards étaient fixés sur elle. Réveillée d’un coup, elle bondit sur ses pattes :

« Quelque chose ne va pas ? » Elle scrutait le visage de l’un, puis de l’autre sans pouvoir discerner ni panique, ni autre inquiétude particulière.

Un peu rassurée, elle se détendit. « Pas de feu, ni de rapace ou autre carnivore à l’horizon ? »

Elle esquissa un sourire pour tester la réaction de ses amis, mais elle vit bien que quelque chose clochait.

Camille se dandina d’un pied sur l’autre avant de lancer « Lenny, voudrais-tu nous raconter ton histoire, s’il te plait ? »

Lenny passa de la surprise à l’embarras. Elle semblait être gênée et baissa les yeux. « Que veux-tu savoir exactement ? »

« Je ne voudrais pas cafter et mettre Sébastien dans l’embarras, mais son flair – et du coup le mien – nous dit qu’il y a une partie de ton histoire que nous ne connaissons pas. J’ai pensé que notre rencontre dans le tunnel de Raoul était totalement fortuite, mais à toi de me dire si je me trompe.

Ou pas ? »

Lenny regardait l’un et l’autre et son inconfort était palpable. Elle ressemblait un peu à un poisson rouge qui fait un « o » avec sa bouche pour prendre de l’air. Après deux ou trois essais avortés, elle prit finalement une grande inspiration, accompagnée d’une grosse larme qui roula le long de son nez et se mit à parler.

« Quand je suis née, mon corps était inerte. Ma mère était épuisée et s’occupait de mes frères et mes sœurs, elle n’avait pas vu que je ne respirais pas.

Mon grand frère Vassili, de la portée d’avant, s’est jeté sur mon corps et m’a roulé avec ses pattes d’un coté et de l’autre jusqu’à ce que je m’anime en

crachouillant. Si je suis là, c’est vraiment grâce à lui. »

Lenny regarda son audience d’un air suppliant. Mais tous deux voulaient de toute évidence entendre la suite.

« Vassili ne m’a jamais laissé oublier qu’il m’a sauvée. Il savait qu’il pouvait me demander ce qu’il voulait, j’avais toujours cette dette envers lui. Il n’en

abusait pas. Mais il en profitait. Un peu au moins.

Un jour, il a entendu parler de la forêt magique et de la disparition d’une partie du conseil des sages.

Il avait entendu qu’un animal mage allait devoir faire un voyage dans un corps lent afin d’acquérir son statut dans le conseil des sages.

Alors il m’a envoyé loin de la maison pour trouver un escargot, un ver de terre ou tout autre animal « lent » afin de me lier d’amitié avec et … »

Un hoquet secoua le petit hérisson qui pleurait à présent à chaudes larmes. Des sanglots secouaient son petit corps à tel point qu’elle ne put plus

supporter le regard de ses amis sur elle.

« Je suis désolée, Camille … » sanglota t-elle.

 

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.