« Il nous a demandé de vous transmettre le message suivant : pour avancer plus vite, tu dois questionner tes certitudes et t’en défaire comme de ta maison car elle te confine dans un espace limité »

« Voilà ce qu’a dit le sage » dit la mouette en gonflant le torse, d’un air important. « J’espère qu’il est clair pour vous, ce message » ajouta t-elle interrogative.

Elle semblait avoir un doute et se demandait si le sage n’avait pas trop abusé de l’herbe à pipe et si Camille pouvait comprendre le charabia du vieux farfelu. Pour sa part, elle avait accompli sa mission et elle en était bien contente.

Camille la regarda et répondit d’un air pensif : « oui, je pense savoir de quoi il parle… mais ce que cela veut dire pour moi n’est pas vraiment clair comme de l’eau de roche. »

Elle regarda la mouette, la remercia poliment, prit une inspiration et ajouta en se tournant vers ses amis : « Allons terminer notre repas et décidons pour la suite »

Sébastien se coucha, Lenny grimpa et Camille se positionna pour être emportée un peu plus à l’intérieur de la forêt où ils pourraient trouver de quoi manger.

« Pour avancer plus vite, tu dois questionner tes certitudes et t’en défaire comme de ta maison qui te confine dans un espace limité ».

Avait-elle des certitudes ? Elle était sûre de mourir un jour. Et elle espérait le faire dans son propre corps de biche !

Était-elle à peu près sûre d’arriver au bout de la terre ? – Oui, mais c’était loin d’être une certitude.

« Lenny ? » « Hmmm » répondit l’hérisson tout en gobant un verre de terre bien charnu.

« Tu penses que j’ai des certitudes ? » Lenny la regarda un long moment et Camille se posa la question de savoir si Lenny n’était pas d’avantage préoccupée par la nourriture que par sa question. « Je pense que nous sommes tous bourrés de certitudes » répondit-elle finalement.

« Regarde Sébastien ! – Il est sûr qu’être avec nous est mieux qu’être tout seul. Pourquoi sinon s’encombrer d’un coussin à aiguilles et d’un dîner potentiel en boîte ?

En ce qui me concerne, je suis certaine de retrouver mon frère Vassili. Il est comme du papier bonbon. Très collant. On n’arrive pas à s’en défaire. Nous tomberons sur lui. J’en suis certaine !

Et en ce qui concerne tes certitudes, ma belle ? Tu es certaine d’avoir perdu tes parents. Pourtant tu n’en as eu confirmation de personne. Tu es certaine que tu ne retrouveras ton corps de biche qu’à l’arrivée à la fin de la terre. Pourtant le sage te propose dans son message de te défaire de ta maison.

Es-tu vraiment solidement ancrée dedans ? Ou pourrais-tu donner des ailes à ta maison ? » Lenny inclinait la tête.

« T’as voulu mon opinion. C’est pas mes affaires, mais OUI, tu as des certitudes. Et il serait temps de les questionner et de pousser les murs de ta maison.

Je veux bien t’aider et, à regarder Sébastien juste derrière toi qui ne peut s’empêcher de remuer la queue – alors qu’elle était parfaitement immobile pour ne pas rater une miette de notre conversation- je pense qu’il sera de la partie ! »

« Wouff »

Camille regarda son équipe de fortune, étonnée. Et si cette équipe n’était pas une équipe de fortune, mais une équipe de choc ?

Le concept des certitudes commençait à prendre forme…

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