Marcel l’élan venait d’expliquer le cycle de la vie à Camille la biche devenue tortue quand une famille d’oies fit son entrée.

La mère – l’oie, le père – Le jars et leurs cinq oisons. Tous à la queue leu leu.

Inconscients du drame qui venait de se dérouler dans la clairière, ils avançaient en se dandinant sur leur arrière train, si maladroits au sol et si élégants en vol.

« Bonjour » lancèrent-ils comme une hola vocale allant de la mère jusqu’au dernier oison.

Un peu malgré elle, Camille sourit. Son attention, ainsi que celle de Sébastien le cocker et Marcel l’élan étaient entièrement tournées vers cette famille joyeuse et coordonnée.

Ils retournèrent le bonjour des palmipèdes qui avaient pris place par terre – à distance respectable, car après tout, on n’est jamais assez précautionneux !

« Mes hommages, madame l’oie ! Si je puis me permettre : Quelle belle famille ! » dit Marcel l’elan. visiblement flattée, l’oie ébouriffa son plumage et remercia l’élan non sans baisser le bec dans un mélange de gêne et de fierté. Camille n’en revenait pas de l’éloquence de l’élan !

Bigre ! Quand il voulait, il savait causer !

« Sans vouloir vous offusquer, connaissez-vous le poème des saisons ? Notamment celui du printemps que vous illustrez ici si bien avec votre famille ? » c’est le jars qui s’ébouriffait cette fois-ci et répondit :

« Évidemment ! Nous le vivons chaque année ! » Mon épouse et moi sommes en couple depuis des années. Vous savez que les oies sont des être très fidèles, nous restons partenaires jusqu’à ce que la mort nous sépare. Ceci nous permet de parcourir les saisons aisément. Au printemps, nul besoin de chercher l’amour, de faire la cour, de convaincre l’être cher. Nous construisons notre nid, mon épouse pond et couve les œufs. Pour ma part, je l’aide à nourrir toute cette joyeuse bande dès qu’ils pointent leur bec et j’apporte la nourriture pour faire reprendre des forces à madame.

Quand tout le monde a son poids au beau fixe à la fin de l’été, nous partons.

Nous pourrions dire que nous incarnons parfaitement les deux premières saisons. Mais voici comme demandé la première saison :

Le printemps

Le renouveau
La renaissance
Le réveil au cocorico
Pour la saison d’effervescence

La graine est semée,
La naissance programmée
Et les apprentissages lancés

Camille n’avait toujours rien appris de nouveau. Toujours avide d’apprendre, elle se retourna.

Le corps de Lenny, le hérisson avait disparu…

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