Pop se transforma en un majestueux rapace qui, par sa taille, collait l’assemblée du salon de Raoul contre les murs. Comme les animaux n’avait pu voir la forme du rapace dans le noir, ils n’étaient paniqués que par le manque d’espace et non pas par la crainte de servir de dîner à un oiseau au bec acéré.

Pop savait qu’il était en train de mettre tout le monde en danger. Il fallait qu’il sorte pour éviter aux autres de finir dévorés. Il donna de grands coups de tête dans le plafond pour creuser son propre puits vers l’extérieur. Il espérait ne pas émerger au milieu du feu qui ravageait la forêt, ni faire tomber la braise sur les animaux au dessous de lui.

Il creusa inlassablement et finit par mettre la tête dehors. Le feu dévastateur consumait tout autour de lui. Il s’accrocha à une racine avec son bec et se hissa hors du puits fraîchement creusé. Il écarta les ailes afin de pouvoir prendre son envol vers un lieu sûr, tandis que ses plumes prenaient feu. Surpris, il battit des ailes pour éteindre le feu. Mais, à chaque battement, plus de plumes s’embrasaient. Il prit de la hauteur, mais le feu se propageait inexorablement.

Camille, qui avait observé la scène du fond du puits de fortune, était horrifiée. Elle voyait son ami se consumer un peu plus à chaque battement d’ailes jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus distinguer qu’un ballon de feu s’éloignant au loin. Qu’est-ce qu’elle n’avait pas fait là. Elle avait laissé partir Pop sans lui apporter son soutien, sans amitié, sans lui dire à quel point elle appréciait sa compagnie.

Camille était désemparée. Pourtant en pensant à Pop, elle se dit qu’il aurait lancé un « leçon numéro 3 ! » avec une explication raisonnée sur pourquoi il fallait toujours et sans attendre, dire à chacun pourquoi on les aime ou on les apprécie. Elle prit note de cette troisième leçon, un peu tard certes, et laissa couler ses larmes.

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