Pop s’adossa à la tige de la petite fleur bleue et s’adressa à la tortue, tel ce grand-père bienveillant que tout le monde rêve d’avoir : « Tu vois ma douce, tu es en colère. Tu m’insultes. Tu n’es pas contente. Mais moi, je ne prends pas. Je ne te fais pas le plaisir d’entrer dans ton jeu. Je sais que ton mécontentement n’est pas dirigé contre moi, Pop. »

« Je pourrais me sentir blessé, offusqué ou pire – me mettre moi aussi en colère. Mais à quoi est-ce que cela servirait ? Est-ce que tu te sentirais mieux ? »

Les deux animaux se regardèrent pendant un long moment en silence, pensifs. Le bruissement des feuilles dans les arbres et des herbes autour d’eux étaient la seule musique qui accompagnait la danse de leurs pensées respectives.

Camille soupira profondément et fut abruptement arrachée de ses réflexions à cause de la déflagration produite à l’endroit même où la punaise venait à l’instant de disparaître.

Le cœur battant dû à la surprise créée par ce bruit aussi violent que soudain, elle tourna la tête à la recherche de Pop.

Elle n’en croyait pas ses yeux ! Et ne pouvait s’empêcher de glousser… Un bébé panda était assis à côté d’elle, essayant de mordiller l’une de ses pattes arrières. Mais un bébé  panda est tellement maladroit qu’il tombait à la renverse en tenant sa patte arrière gauche entre ses deux pattes avant.

En voyant que Camille souriait de sa chute maladroite, il l’attira vers lui, la pressa fort contre le pelage de son ventre doux et se roula d’un côté et de l’autre.

Camille posa sa joue contre le ventre chaud de son compagnon de route, ferma les yeux et eut -pour la première fois depuis son réveil- une bouffée d’espoir dans le cœur.

Le panda la reposa doucement dans l’herbe…

 

 

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