Le Raoul beuglant avait coupé court à toutes les discussions dans l’étroit tunnel.

Lenny oscillait entre exaspération et anticipation joyeuse à l’idée de sortir enfin de cette prison temporaire.

Raoul, à la tête du convoi, était déjà à moitié en dehors du trou.

Les autres animaux poussaient pour se frayer un chemin à l’air libre et une bousculade s’ensuivit dans le tunnel qui montait presqu’à la verticale.

Lorsque les pattes arrière poussaient les petits corps vers l’avant, le suivant se prenait un coup sec et telles des boules de billard, un animal glissait en arrière vers le prochain.

Lenny se prit le popotin carapacé de Camille sur le nez et cette marche arrière forcée fit s’enfoncer les piques de son corps dans la terre meuble du tunnel. Elle stoppa ainsi la dégringolade du convoi grâce à son corps fermement planté dans le tunnel.

Un petit sourire satisfait se dessina sur le visage de Lenny.

Elle ne l’avait peut-être pas fait exprès, mais son petit corps frêle avait évité un petit drame. Camille lui sourit et l’aida à se dégager de la terre dans laquelle elle s’était enfoncée si profondément.

Une fois dehors, Camille prit une grande inspiration et regarda alentour. Elle se trouvait pile-poil à la lisière du feu avec vue sur un champ de dévastation.

Des volutes de fumée montaient encore vers le ciel de ci de là, mais l’essentiel de la forêt était à terre, carbonisée. Toutes les nuances de vert étaient remplacées par un dégradé gris-noir fumant.

Plus loin, à l’horizon la partie épargnée de la forêt appela Camille et Lenny.

Elles remercièrent Raoul de leur avoir sauvé la vie et sans se concerter, marchèrent vers l’horizon verdoyant.

Lenny n’avait aucunement envie de lâcher l’affaire de la forêt enchantée. Camille non plus d’ailleurs.

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