L’élan ressemblant curieusement à sa propre famille, Camille la biche devenue tortue se posa la question quant à la raison de sa présence.

Pendant ce temps Lenny, le hérisson s’étonna de l’assurance que Camille avait pris depuis leur rencontre dans les tunnels de Raoul la Taupe. Elle semblait avoir grandi, elle prenait étrangement plus de place, pas en taille, mais en présence. Elle attirait naturellement l’attention et inspirait le respect.

« Bonjour » salua l’élan en les regardant calmement. A défaut de plus de conversation, Lenny et Camille répondirent à tour de rôle, avec un bonjour et en indiquant leur nom. « Je m’appelle Marcel » ajouta t-il.

Camille prit les rennes de l’entretien « Y a t-il une raison de ta présence ici, Marcel l’élan ? Tu nous as cherchés ? Tu as un message pour nous ? »

La dernière question était marquée par une pointe d’espoir.

Marcel regarda à nouveau l’un et l’autre. Décidément. Un taiseux celui-ci. Allait-il accoucher d’un truc dingue ou était-il juste ici par hasard ou pire, était-ce un simple d’esprit ? Toutes ces pensées se bousculaient dans la tête de Camille pendant que l’élan semblait avoir pour seule occupation de jouer les porte-bois pour ces énormes « éventails » qui lui servaient de parure.

« Je me suis dit que vous alliez passer par cette contrée, vue le feu d’un côté et la mer de l’autre. – Ce bosquet était sur le chemin vers la fin de la terre. » dit-il finalement. Comment diable était-il au courant de tout cela ? Camille inclina la tête, pensive. Marcel imita son mouvement de tête et la regarda silencieusement. Après un long moment, il ajouta : « Les arbres ! »

« Quoi, les arbres ? » demanda Camille par réflexe. Mais elle pensait connaître la réponse. « Ce sont les arbres qui t’on dit tout cela ? »

Encore ce regard et cette attitude stoïque. Ne pouvait-il donc pas ouvrir la bouche ? – Il ne méritait certainement pas le nom d’« Élan » pour son entrain à échanger, fulmina Camille.

« Oui. » …. « OUI quoi ? – tu sais parler aux arbres ? » Elle avait involontairement haussé le ton. « Non. » Elle se mordit l’intérieur des joues pour ne pas l’engueuler. Il voulait jouer à ce jeu-là, alors elle allait s’y plier. Elle le regarda avec défiance et attendit.

« Je ne sais pas parler aux arbres, mais les arbres savent nous faire passer des messages. »

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